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#FIR – CAMILLE AYGLON-SAURINA SE TIENT PRÊTE

Depuis qu’elle a arrêté, Camille Ayglon-Saurina a des milliers de projets en tête. Certains aboutiront. D’autres pas. Parfois, le doute l’assaille quand les contacts patinent. À d’autres moments, elle se laisse bercer par une douce euphorie si les contours d’une collaboration se dessinent sûrement.

Quelle est ta situation aujourd’hui ?
Je suis au chômage, ce qui ne signifie pas que je sois oisive. Je mène de nombreux projets et chacun me passionne. C’est propre à ma personnalité. Je m’interroge parfois : suis-je sur le bon chemin ? Mais d’un autre côté, je reste persuadée que tout va vite prendre corps.

Quels sont ces projets ?
Ils sont divers et variés. Les mondes de l’immobilier et des finances m’ont toujours attirée. Celui des médias également. J’anime aussi des conférences en entreprise, et j’ai passé mon Titre 5 de handball. Je suis plutôt partie dans l’idée que beaucoup de choses m’intéressent et que c’est peut-être le moment de toucher un peu à tout. Avec un autre impératif : ce que j’ai le plus subi pendant ma carrière, c’est le programme imposé par le calendrier sportif. J’ai envie d’avoir un peu de liberté, d’avoir la main sur mon emploi du temps.

Avais-tu anticipé votre fin de carrière ?
Lorsque je me suis lancée, c’était très clair dans ma tête : je voulais décrocher un diplôme équivalent à un Bac+3, ça me semblait un minimum pour pouvoir ensuite rebondir. J’ai passé une licence STAPS, puis je suis allée pendant un an à l’IUFM. En fait, je voulais être professeur des écoles. J’avais ça en tête depuis toute petite. Je voulais exercer un métier utile, apprendre à lire, écrire et compter à des jeunes enfants de CP et CE1. Un métier qui ait du sens.

Et puis ?
En 2006, j’ai tenté le concours dans le Sud. Je ne l’ai pas eu, la filière était bien bouchée. Sandy Demangeon, une ancienne de mes coéquipières, l’a passé quatre fois dans le Sud. Sans succès. Et puis elle a réussi dans une Académie francilienne. Je l’ai tenté une deuxième fois avec le CNED, mais ce système de concours a fini par m’écoeurer. J’avais l’impression qu’on n’identifiait pas forcément les bonnes compétences nécessaires à l’exercice de cette profession.

Qu’as-tu fait alors ?
Je me suis investie à fond dans le handball, mon autre obsession. J’ai commencé à être appelée en équipe de France, et c’était sans doute plus facile.

En abandonnant donc l’idée de préparer ta reconversion ?
Pas tout à fait, non. Pendant ma carrière, je me suis fait la promesse de m’acheter une maison, ou plutôt de l’avoir payée au moment où je me retirerai. J’étais parfaitement consciente que cette vie-là ne durerait qu’une dizaine, une quinzaine d’années, et j’étais animée d’un léger sentiment d’insécurité. J’avais conscience de devoir mettre des choses en place. On n’était pas alors dans les mêmes réalités économiques qu’aujourd’hui, la LFH n’existait pas. C’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser à l’immobilier, aux placements financiers. J’avais une certaine appétence, et notamment sur l’immobilier. Je me suis imaginée marchande de biens, j’ai suivi une formation afin de réaliser moi-même des travaux. J’ai réalisé un bilan de compétence juste avant que le HBC Nîmes ne disparaisse, mais je ne suis pas allée au bout. Je l’ai regretté, parce qu’il avait été révélateur pour moi.

Que disait-il ?
J’étais un peu angoissée parce que j’avais le sentiment que mon CV ne valait pas grand-chose. J’ai rencontré à Nîmes Sébastien Rimetz qui intervenait dans le domaine du management du sport. Il m’a convaincue du contraire, a souligné les compétences que j’étais parvenue à acquérir, et l’utilité qu’elles pouvaient avoir dans le monde de l’entreprise. Il m’a parlé d’un savoir-être qui dépasse le cadre des diplômes. Je me dévalorisais beaucoup par rapport à ce que je pourrais apporter sur le marché du travail. Je voulais être dans le relationnel à tout prix. En échange avec les gens. Je voulais être dans la transmission. Ça rejoignait finalement mon envie première d’être instit.

Transmettre comment ?
Transmettre. Des sentiments. Le vécu. J’étais avec FFHandball au week-end final de l’Euro en Slovénie. Pour partager mon expérience de ce genre de compétitions. Expliquer comment les filles vivent et abordent un carré final, à quoi ressemble une journée de demi-finale… J’ai donné des clés de compréhension, j’ai échangé et j’ai adoré ça.

D’autres coups de cœur ?
Je me suis éclatée à découvrir le monde des médias par exemple. Le Titre 5, c’est parce que je suis très convaincue de certaines choses dans le handball. J’ai été bercée par la culture défensive à Nîmes avec Christophe Chagnard, puis avec Olivier (Krumbholz) et Éric (Baradat) en équipe de France. C’est cette empreinte-là que je préfère et que j’ai envie de transmettre. J’ai aussi aimé les conférences que j’ai eu l’occasion d’animer sur le partage, notamment, d’expériences du sport avec la jeune chambre économique du Gard. J’ai trop envie de faire ça, partager la transversalité. Il y a beaucoup de thématiques faciles à aller chercher.

Quand as-tu approché la cellule FIR ?
Lors de ma dernière année de handball. Par le biais de Laurent Frécon, j’ai rencontré Laurent Laynat le fondateur du cabinet ATAXEN, puis Eric Alard, le directeur d’AMOS Nantes avec qui on a fini de mettre en forme tout ce que j’avais verbalisé. On a défini les différents axes que je pouvais développer.

Qu’elle est l’étape suivante désormais ?
Je n’en sais rien. Je poursuis chacun de ces projets. Par le biais de l’AJPH, j’ai suivi il y a deux ans une formation dans l’immobilier et le domaine financier avec Continental Finance, un cabinet de gestion de patrimoine. Ce monde-là m’intéresse vraiment. Je voulais faire un dernier investissement dans ma vie professionnelle. J’ai cherché à en savoir plus. Ils m’ont expliqué leur philosophie de l’accompagnement. Tout naturellement, l’idée m’est venue de m’associer avec eux pour accompagner les athlètes et les aider à se structurer et préparer au mieux l’après-carrière. Déjà, lorsque je jouais, j’étais quelque part la personne ressource à ce sujet dans le vestiaire.

Toujours ce souci de transmission…
Ce que je retiens, c’est que cette phase de fin de carrière n’est pas évidente. Le hand ne me manque pas. Le côté social, si. La dimension humaine a toujours compté pour moi. Alors, si je peux développer ce type de relations.

Propos recueillis par Philippe Pailhoriès

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