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Simon Lavialle, Handballeur et freelance

Anticiper sa fin de carrière quand on est joueur professionnel peut prendre plusieurs formes : reprendre des études, monter sa boîte, faire de l’immersion en entreprise. Simon Lavialle, demi-centre de 24 ans, a lui décidé de combiner sa carrière de joueur professionnel avec des missions en freelance. Un témoignage et un parcours, riches en enseignements. 

“Je n’ai jamais voulu faire que du handball” Le décor est posé. “J’ai été formé au centre de formation à Limoges, d’où je suis originaire. Je jouais avec la N2 et en Proligue aussi (2ème division masculine). En parallèle j’ai fait un BTS NRC (ndlr. : Négociation et Relation Client) en alternance : j’avais trouvé une entreprise à Limoges ça m’a permis d’accumuler de l’expérience” explique Simon.

Après ses années de formation en Limousin, le jeune demi-centre rebondit à Lanester en N1. « Ça s’est bien passé, mais il n’y avait pas de projet de haut niveau», indique Simon. L’année suivante, en recherche d’un projet ambitieux, Simon rejoint finalement le club Angers qui vise l’accession en deuxième division. « La première saison, j’ai signé un contrat à temps partiel. Je travaillais à côté comme surveillant dans un lycée professionnel. Lors de ma deuxième année, nous sommes montés en Proligue et j’ai signé mon premier contrat professionnel à temps plein. Cependant même à temps plein, je ne me voyais toujours pas faire que du handball” se souvient le limougeaud.

C’est alors que le demi-centre s’intéresse à une marque française de vélo électrique qui avait une boutique à Angers : “ J’ai vu la marque se créer, j’ai trouvé leurs vélos électriques magnifiques et j’en ai voulu un. Ils recherchaient des ambassadeurs avec un profil commercial et de la bonne humeur. Je leur ai expliqué que j’avais le profil parfait (rires). Ils ont accepté, m’ont offert le vélo et j’ai commencé ma mission pour eux. Cela consistait à faire tester les vélos et je touchais des commissions sur les ventes. J’ai monté mon statut d’auto-entrepreneur pour pouvoir les facturer. Ça me prenait 2 demi-journées par semaine. C’était vraiment une expérience sympa” raconte-t-il.

En parallèle, Simon contacte l’AJPH pour bénéficier du programme Appui Conseil Carrière (ACC) : “J’avais besoin de formaliser un peu mes projets, ma formation. Vous m’avez mis en contact avec Laurent Laynat le fondateur d’Ataxen. On a étudié ensemble la pertinence de me former davantage, on a davantage défini mes projets, on a formalisé mes compétences, revu mon Linkedin. Son accompagnement a été vraiment bénéfique, explique Simon.

Non conservé par le club d’Angers, le demi-centre se met alors à la recherche d’un club ambitieux proche d’une grande ville : “Dans les grandes villes c’est là où se trouvent les projets… et j’avais toujours ça en tête d’avoir des projets à côté du handballLe projet de l’Elite Val d’Oise Handball (N1) m’a plu et j’ai signé là-bas. Je me suis mis à la recherche de missions en parallèle du handball. Grâce à l’accompagnement de Laurent, j’avais une bonne idée sur ce que je pouvais apporter, sur les compétences que je pouvais valoriser. À Angers, pour la marque de vélos, je n’étais qu’ambassadeur.  Laurent lui m’a aidé à me structurer, à me présenter et à valoriser mes compétences. Je me suis rapproché de leur siège et j’ai été pris pour une mission de prospection téléphonique. Je suis désormais rattaché au siège et je travaille avec toute la France. Petit à petit j’ai développé mes compétences en relations clients, vente pure, événementiel, et BtoB,  ajoute le commercial.  

En Novembre, Simon contacte Hiway (société de conseil pour les freelance) pour se renseigner sur l’entreprise.

Alexandre Franchi, CEO de Hiway, se souvient de cette première rencontre : Dans l’échange que j’ai eu avec lui, j’ai bien accroché avec son tempérament. J’ai rencontré quelqu’un qui avait une bonne approche commerciale, il m’a donné beaucoup de signaux positifs. Et j’ai tenté quelque chose. On était en train de réorganiser notre département de vente. Lui cherchait un accompagnement mais la situation s’est retournée. Je lui ai présenté notre projet, le développement de la boîte, les missions qu’ils pourraient avoir pour nous. Lui m’a dit qu’il avait d’autres missions auprès d’une boîte et qu’il était joueur de handball. Nous avons vu sa capacité à organiser son temps, ainsi que sa flexibilité, comme une vraie plus-value. Et il a rejoint notre équipe, explique le CEO.

Après quelques semaines de formation, Simon devient alors “Customer Success Manager” à mi-temps chez Hiway : “Mon rôle c’est de contacter les clients entrants et de les accompagner dans leur projet de freelance. Aujourd’hui j’ai trouvé un cadre qui me permet de m’épanouir : je travaille la journée et je m’entraîne les soirs. Je ne suis pas en présentiel, je peux tout faire à distance. Ces différentes missions sont nécessaires à mon équilibre, indique le freelance. J’ai un complément de salaire, et en plus je fais une belle saison sportive : qu’est-ce que je peux demander de plus ? (rires).

J’ai toujours eu pour objectif de faire du handball à haut-niveau. J’ai découvert un métier et un statut (micro-entreprise) qui sont compatibles avec la vie de sportif professionnel. C’est un mode de vie qui me convientJe ne veux plus me séparer de ces activités annexes.

C’est peut-être un mode de vie qui pourrait correspondre à d’autres joueurs : il y en a qui ont beaucoup de temps. Beaucoup ont un niveau de compétences professionnelles soit déjà présent soit à développer. Mais en tant que sportif on développe pleins de compétences. Je pense qu’ils auraient la capacité de mener des missions de 10/12h par semaine avec un statut d’auto-entrepreneur. Il y a de la demande du côté des entreprises, estime le demi-centre.

Et ce n’est pas Alexandre le CEO d’Hiway qui va le contredire : Quand j’ai challengé Simon commercialement, sur les valeurs, j’ai senti quelqu’un de très orienté challenge, résultats. Il avait une grosse capacité à se remettre en question, il ne craignait pas les échecs. Toutes ces vertus qu’un commercial doit avoir ce sont aussi les vertus d’un sportif. Je le vois au quotidien : je joue un peu un rôle de coach vis-à-vis de lui : il est très en demande. Il a tout compris, il est dans une logique de développement personnel : comment je peux être meilleur, plus performant, raconte Alexandre. C’est la première fois que je travaillais avec quelqu’un qui avait une activité à côté. Ça m’a fait évoluer : avoir des collaborateurs qui ont plusieurs activités c’est un vrai argument. Ils sont épanouis, ils ont un sens de l’organisation, une maturité. Chez Hiway nous prônons le freelancing. Alors c’est normal qu’un indépendant puisse avoir plusieurs vies dans une même journée, ajoute le CEO.

Le demi-centre quant à lui, pense déjà à de futurs projets :

“À terme, j’aimerais créer une boite de conseil pour aider les sportifs à créer leur micro-entreprise, leur proposer un bilan de compétences, un accompagnement. Je suis sûr que c’est un modèle de vie qui pourrait correspondre à pas mal d’entre eux”, conclut Simon.

Photo fournie par Simon Lavialle.

Crédits photo : Fréderic Bocquenet

Propos recueillis par Anne-Laure Michel

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