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#FIR – LE PARCOURS DE BLANDINE DANCETTE

Blandine Dancette a mis un terme à sa carrière à 33 ans sur une victoire en Ligue européenne avec les Neptunes de Nantes. Depuis, elle est chargée d’exploitation pour Medcorner City, une filiale de REALITES, un groupe de développement territorial. Elle nous livre son témoignage sur cette reconversion.

« Ma reconversion s’est faite le plus naturellement du monde. Tout au long de ma carrière, alors même qu’elle se dessinait à peine, j’ai fait en sorte d’emmagasiner le bagage nécessaire pour ne pas avoir à appréhender ce moment. Lorsque j’étais au centre de formation du HBC Nîmes, j’ai commencé par préparer un BTS assistante de gestion PME-PMI par alternance. Lors de ma première année professionnelle, je me suis consacrée au handball, puis j’ai enchaîné sur des formations afin d’affiner mon apprentissage. J’ai notamment effectué mon alternance dans le groupe Casino, pendant deux ans. J’étais chargée de la gestion immobilière à Cap Costières et Carré Sud. C’était seulement le début du professionnalisme dans le handball féminin, et cette mission me permettait de cumuler les deux activités sans peine. Même si ça n’a pas toujours été de tout repos. Je me souviens que l’école avait voulu me virer parce que j’étais trop souvent absente à cause des différents rassemblements. Heureusement, mes parents me soutenaient et avaient plaidé ma cause. Mes résultats étaient bons, je rattrapais les cours lorsque c’était nécessaire.

J’ai enchaîné sur une licence professionnelle en management du sport par correspondance avec une formation de chargée de projets événementiels. Et puis, à la fin de ma carrière, j’ai bien senti que je devais me préparer plus spécifiquement. Je suis entrée en contact avec Laurent Frécon. J’avais entendu parler de la cellule grâce au bouche à oreille, mais je n’étais pas forcément au courant des choses mises en place par l’AJPH. J’ai donc privilégié le canal fédéral. Grâce à Laurent, j’ai effectué un bilan de compétences en 2019. Le résultat était que j’étais plutôt très organisée et que la logistique pouvait me plaire. J’ai donc passé une licence en logistique Supply Chain. Dans le même temps, REALITES est devenu l’actionnaire principal du club de Nantes. On nous a expliqué ce qu’était le groupe, sa philosophie, son coeur de métier. REALITES est une plateforme de services et projets immobiliers innovants qui s’appuie sur un modèle intégré et opérationnel. J’étais très intéressée par le sujet. J’ai demandé un rendez-vous avec la direction du groupe. On m’a mise en relations avec le service Relations Humaines. L’idée de transversalité les a intéressés. Ils m’ont accompagnée dans mon projet pour que je parvienne à trouver un équilibre et une efficacité. J’avais comme une sorte de bagage, emmagasiné tout au long de ma carrière. Dans chaque club où j’ai joué, à Nîmes, Chambray ou Nantes, j’ai toujours été attirée par les échanges avec les partenaires. Je n’y allais jamais avec une arrière-pensée, mais par simple curiosité, un besoin d’ouverture. J’avais donc cette facilité d’échange lorsque j’ai rencontré les gens de REALITES.

Aujourd’hui, je suis chargée d’exploitation pour Medcorner City, une filiale du groupe REALITES qui conçoit et exploite des centres médicaux et paramédicaux sur l’ensemble du territoire national. On observe les besoins, on créé les centres, on s’occupe de l’organisation interne. Mon rôle est de mettre en place et d’assurer le suivi du pôle. J’ai également eu de nombreuses interactions avec le corps médical au long de ma carrière, et je suis vraiment heureuse de me retrouver aujourd’hui dans ce domaine.

Ce parcours n’est qu’un exemple, mais il éclaire peut-être ce chemin de l’après-carrière. Toutes les jeunes joueuses rêvent aujourd’hui de devenir professionnelles. Les salaires ont peut-être augmenté, on gagne mieux sa vie qu’à une époque, mais se préparer à l’après est indispensable. À aucun moment je ne me suis dit : je vais être pro, ça va aller, je n’ai pas besoin de travailler pour assurer ma reconversion. Ces jeunes filles n’ont pas toujours conscience de cette nécessité. Un club comme Nantes, mais d’autres le font aussi, va les aiguiller afin qu’elles se sentent bien dans ce double projet, qu’elles trouvent un équilibre indispensable. C’est vrai qu’il y a de nombreux freins, que certaines écoles rechignent à aménager les horaires. Mais avec beaucoup de travail, on peut y arriver. 

La cellule FIR est un réel avantage. Tout le monde peut y avoir accès, pas seulement les joueuses et joueurs de l’équipe de France. L’écoute est primordiale. Elle conduit à la réflexion. Les envies à 18 ans ou 30 ans ne sont évidemment pas identiques, mais la cellule, justement, permet d’approfondir ses projets et offre un accompagnement personnalisé.

Mon sentiment est qu’il est très important pour les joueuses comme pour les clubs de bien s’imprégner du monde de l’entreprise. Je n’ai jamais hésité à aller à la rencontre des partenaires, bien au contraire. C’est valorisant pour tout le monde, c’est surtout un moyen de se rendre compte de ce que l’avenir peut nous offrir. C’est aussi un moyen de pérenniser les partenariats avec les clubs. Si je n’avais pas effectué de stages d’observation chez certains partenaires, je ne sais pas si j’aurais eu l’idée de me tourner vers REALITES. Et c’est parce que je me suis intéressé à eux qu’ils se sont intéressés à moi.

Je suis toujours en relation avec Laurent Frécon. J’ai un projet que je compte encore mûrir afin d’améliorer mes connaissances. J’ai aussi un rôle d’ambassadrice au centre de formation des Neptunes. Ma mission est d’aider les filles dans la construction de leur carrière, les soutenir au quotidien, faire en sorte qu’elles se sentent bien. Je les pousse évidemment à être aussi assidues dans leurs études que dans le handball. C’est le meilleur moyen de trouver l’équilibre. »

Philippe Pailhoriès

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